Le Psaume 91, verset par verset

Seize versets, quatre mouvements, deux voix. La lecture suivie montre une architecture que la lecture rapide manque.

Le psaume se laisse découper en quatre mouvements : une règle (versets 1–2), un inventaire de dangers avec leur démenti (versets 3–8), la garde déléguée aux anges (versets 9–13), puis un changement de voix — Dieu répond lui-même (versets 14–16). Chaque section est donnée ici dans la version Louis Segond 1910, suivie de ce qu'un lecteur doit y remarquer.

Versets 1–2 : la règle et la déclaration

Psaume 91, versets 1–2 · Louis Segond 1910 Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut Repose à l’ombre du Tout-Puissant. Je dis à l’Éternel: Mon refuge et ma forteresse, Mon Dieu en qui je me confie!

Tout le poème dépend de ces deux lignes : une condition d'abord — demeurer, non passer —, puis la réponse personnelle de celui qui l'accepte. Quatre noms de Dieu s'y succèdent en deux versets, comme pour épuiser les manières de dire la même sûreté. La page d'explication leur est entièrement consacrée.

Versets 3–8 : l'inventaire des peurs

Psaume 91, versets 3–8 · Louis Segond 1910 Car c’est lui qui te délivre du filet de l’oiseleur, De la peste et de ses ravages. Il te couvrira de ses plumes, Et tu trouveras un refuge sous ses ailes; Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, Ni la flèche qui vole de jour, Ni la peste qui marche dans les ténèbres, Ni la contagion qui frappe en plein midi. Que mille tombent à ton côté, Et dix mille à ta droite, Tu ne seras pas atteint; De tes yeux seulement tu regarderas, Et tu verras la rétribution des méchants.

Le psalmiste nomme méthodiquement ce que l'on redoute : le piège tendu par ruse, l'épidémie, les terreurs nocturnes, la flèche en plein jour, le fléau qui frappe en masse. L'énumération couvre le mal caché et le mal visible, la nuit et le midi — une manière hébraïque de dire tout. Remarquez que le texte ne nie aucun de ces dangers : il les regarde en face, et c'est précisément pour cela qu'on le lit encore dans les hôpitaux et les guerres.

Versets 9–13 : la garde déléguée

Psaume 91, versets 9–13 · Louis Segond 1910 Car tu es mon refuge, ô Éternel! Tu fais du Très-Haut ta retraite. Aucun malheur ne t’arrivera, Aucun fléau n’approchera de ta tente. Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies; Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Tu marcheras sur le lion et sur l’aspic, Tu fouleras le lionceau et le dragon.

La protection prend ici des mains : des anges reçoivent une charge, avec un périmètre — les chemins où Dieu conduit, et pas un pas au-delà. C'est le passage que le diable a cité à Jésus en le tronquant, et la réponse à cette question figure parmi celles que les lecteurs posent le plus. La promesse n'est pas un permis d'imprudence; elle accompagne une marche, elle ne couvre pas un saut.

Versets 14–16 : Dieu prend la parole

Psaume 91, versets 14–16 · Louis Segond 1910 Puisqu’il m’aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom. Il m’invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai. Je le rassasierai de longs jours, Et je lui ferai voir mon salut.

Le poème s'achève par un fait de grammaire lourd de sens : la troisième personne cède la place à la première. Celui dont on parlait depuis treize versets parle. Huit verbes de promesse se suivent — délivrer, protéger, exaucer, être présent, secourir, glorifier, rassasier de jours, faire voir le salut — et le dernier mot du psaume est un mot de salut, pas de confort. La détresse y est explicitement prévue : la promesse du verset 15 n'est pas une exemption de l'épreuve, mais une présence au milieu d'elle.

Pour garder cette lecture sous la main, téléchargez gratuitement l'application La Bible — le psaume s'y lit d'un trait, en Segond 1910, Segond 21 ou Semeur.

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